Compte-rendu des assises du supportérisme

article publié le 12 février 2015 - Défendre un football populaire

La Fédération des supporters du RCS était présente hier à Paris pour participer aux assises du supportérisme organisées par le Conseil national des supporters français, afin de représenter l’ensemble des fans strasbourgeois actuellement 5e du classement des signataires du manifeste pour un football transparent et responsable.

Au cours des débats, l’absence de représentants de la FFF et de la LFP a été largement commentée, en premier lieu par le secrétaire d’État chargé des Sports, M. Thierry Braillard, qui a "regretté que les instances du football ne soient pas là" pour discuter avec des supporters qui n’avaient "rien d’une horde de sauvages".


La contribution de la FFF et de la LFP résumée en une photo

Rapidement, la nécessité de contourner ceux qui font "beaucoup plus d’efforts depuis 20 ans pour nous faire taire plutôt que pour nous entendre" (R. Gaudin, Brigade Loire - Nantes) est apparu.
Comment ? Par l’intermédiaire d’un texte de loi, dans lequel M. Braillard n’a "rien lu qui [le] choque" : quand le dialogue n’est pas possible, il est en effet logique de se tourner vers le législateur.

Un intervenant notait d’ailleurs que le "plus dur est d’avoir des politiques de notre côté, c’est le cas aujourd’hui !" (D. Decoupigny, 12 Lensois), tandis qu’un autre soulignait que "l’absence des instances, qui se replient sur elles-mêmes, prouve qu’on a touché un endroit sensible : c’est plutôt encourageant".

En effet, quatre parlementaires - deux sénateurs et deux députés de différents partis politiques : François de Rugy, Nicolas Dupont-Aignan, Dominique Bailly et Ronan Dantec - étaient présents pour soutenir une proposition de loi visant notamment à imposer la représentation des supporters dans les instances, comme c’est le cas dans de nombreux pays étrangers sous différentes formes (Allemagne, Suède, Espagne...).

Le sociologue N. Hourcade indiquait à ce sujet que les "supporters ne devaient pas être seulement considérés comme un problème mais aussi comme une solution, notamment dans le cadre de la prévention sociale." Cela implique également selon lui " le regroupement au niveau des différents clubs de leurs associations de supporters, sans qu’elles perdent leur identité propre"... un travail que la FSRCS réalise depuis bientôt 5 ans à Strasbourg !

Le rôle de l’UEFA, qui a fait du dialogue avec les supporters une priorité a également été évoqué, notamment dans le cadre de la réforme SLO (Supporter Liaison Officer, chargé d’être le lien incontournable entre un club et les supporters) en vigueur dans tous les pays européens, à l’exception de l’Azerbaïdjan, la Moldavie... et la France !

Un sénateur présent, M. Dominique Bailly, a enfin souligné un autre point important en affirmant qu’il était nécessaire "de garder un véritable lien entre un territoire et son club".
Ce rôle pouvant être endossé par les supporters selon les propos de Valérie Fourneyron, ancienne ministre des Sports, dont un courrier a été lu au cours des débats. Elle y soulignait notamment "le rôle de socialisation, de transmission de valeurs et de l’histoire qui font des supporters une richesse".

Au terme de ces discussions, il ressort que le projet de loi devra aborder trois axes principaux :
- l’obligation pour la Fédération d’intégrer les supporters au sein de la famille du football en arrêtant de les envisager uniquement sous l’angle de la répression ;
- l’obligation pour les clubs de constituer un comité des supporters tenu d’être consulté et informé ;
- la possibilité d’ouvrir le capital grâce à un actionnariat populaire.

Nous vous tiendrons informés de la suite donnée à ce projet !

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