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article publié le 27 novembre 2013 - Développer une vie associative

A l’instar de la rubrique "A la découverte de..." du site racingstub.com, nous irons régulièrement à la rencontre d’un supporter du Racing, membre de la Fédération des supporters. Histoire de mieux le connaître et de découvrir ce qui le lie, tout comme nous, au RCS.
Après le président du Kop Ciel et Blanc, c’est au tour du président des Ultra Boys 90 de répondre à quelques questions.

- Comment es-tu arrivé au Racing ?
Comme beaucoup de monde, mon père m’a amené à la Meinau, à la fin des années 80. C’est lui qui m’a apporté la fibre du Racing. Il faisait même quelques déplacements à la fin des années 70. Et ma mère c’est un peu pareil, même si elle n’allait pas forcément au stade. Quand un match du Racing passe à la télé, elle ne peut pas les regarder, il paraît que ça la stresse trop. Comme quoi...

- Quel est ton meilleur/pire souvenir de supporter du Racing ?
Le pire, c’est à coup sûr le match à Montpellier, où on rate l’accession en D1. Ça aurait pu être formidable pourtant. Un vendredi, déplacer 700 supporters du Racing à 800 km de Strasbourg, c’est dingue quand on y pense.
A la fin du match, voir la moitié de la tribune soit en colère soit en pleurs, c’est inoubliable. Le voyage du retour a été plus terrible encore. En général, dans les bus UB90, l’ambiance est comment dire ? Vivante. Même en cas de défaite. Mais cette fois, c’était différent. On a fait tout le retour dans le noir, sans musique, sans un bruit. C’était lugubre.

Le meilleur, c’est une période plutôt qu’un seul match. 3 matchs en particulier à la fin de saison 2004/2005. On gagne la coupe de la Ligue contre Caen, puis on gagne à Sochaux et contre Metz à la Meinau. Gagner une coupe (bien qu’il s’agisse de la coupe de la Ligue), puis gagner deux derbys, c’est suffisamment rare pour le Racing !

Si je peux me permettre, je rajouterais aussi le match contre Bayonne, le dernier match de la saison de National, en 2010/2011. Au sein du club, c’est l’horreur totale, Hilali fait n’importe quoi et on sait presque tous déjà à ce moment-là que le club va mourir d’ici quelques semaines. _ Pourtant l’équipe termine aux portes de l’accession en D2. On termine la saison en boulet de canon et on aurait vraiment mérité de monter, tant l’équipe fait le boulot alors même que Hilali faisait tout pour en finir avec le Racing.
Donc dernier match à la Meinau, on gagne, on sait qu’on ne monte pas et pourtant on fête cet amour pour notre club comme rarement. On fait monter l’équipe et le staff dans le kop pour un moment de communion jamais vu pour moi. On a pu partager un moment de bonheur et de communion avec ceux avec qui on s’est battu toute une saison, pour le Racing. Qui aurait pu penser qu’en tombant en National un an avant, on allait pouvoir vivre d’aussi bons moments ?!

- Président des Ultra Boys 90, ça consiste en quoi ?
C’est qu’un titre honorifique auquel je porte que peu d’importance sincèrement. C’est plus un honneur pour moi quand je pense aux précédents présidents qui ont fait l’histoire du groupe. Après, on est 8 responsables et je tente de faire avancer le groupe humblement, comme n’importe quel UB90 peut le faire.

- Les UB90 est un des groupes Ultra les plus anciens et les plus actifs en France. Selon toi, dans quels domaines le groupe peut-il encore "s’améliorer" ?
Dans tout ! On pourrait mettre plus d’ambiance à la Meinau et en déplacement, on pourrait être plus nombreux, on pourrait faire plus de tifos, plus originaux et plus grands.
Peu importe le contexte, comme de jouer en National ou d’être dans la deuxième moitié de tableau. L’activité du groupe ne devrait pas dépendre de ces paramètres qu’on ne maîtrise pas. La mentalité que véhiculent les UB90 est importante pour moi. Plus le noyau du groupe est important et actif, plus le groupe peut avancer.

Pour moi l’image du groupe est importante, montrer que les ultras ne sont pas (que) ce que peuvent montrer les médias est vital, dans cette période où les ultras sont montrés du doigt. Je n’insinue pas pour autant qu’on est des anges, on a aussi notre face cachée et on l’assume.
Mais pour moi, il est temps de se poser la question de ce qu’on veut à l’avenir en tant qu’ultras, c’est être debout dans notre tribune, l’animer et chanter pour notre club ? Si oui, on doit prendre nos responsabilités. Ça ne veut pas dire qu’il faut tout accepter et devenir des brebis mais faut aussi accepter de faire des concessions.

- Quel est ton regard sur le supporteurisme à Strasbourg ?
On ne peut pas trop se plaindre. Il y a quelques années par exemple, l’ambiance était plutôt moyenne à la Meinau, pour ne pas dire carrément mauvaise. En déplacement, on se retrouvait souvent seuls en parcage.
Depuis quelques années, on sent bien qu’un nouvel essor a surgi pour le Racing, même avant la descente dans l’enfer de la CFA2. Je pense que le site Racingstub y a contribué. C’est une bible pour tout supporter du Racing. Le forum est un espace de discussion hyper complet et ça permet une certaine effervescence parfois. Evidemment, le revers de la médaille du forum, c’est les opportunistes et autres rageux derrière leurs écrans. Mais c’est un autre débat.

Evidemment la Fédé y contribue aussi en grande partie. Quand on voit les évènements qu’ils ont réussi à organiser, ça force le respect. Ça a permis à des supporters du Racing de participer à la vie active du club, notamment pour ceux qui n’avaient pas envie d’être membre d’une asso’ existante.
Ils ont accompli 10 fois plus de travail pour le Racing en 3 ans que le CCS durant les 15 dernières saisons !

Côté quart de virage, la cohabitation avec le KCB depuis un peu plus d’an an est vraiment excellente. Les nouveaux responsables ont su donner un nouvel élan. On sent un vrai noyau au-dessus de leur porte, ils sont plus présents en déplacements. J’espère qu’ils continueront comme ça longtemps !

- Les UB ont été une des premières associations à adhérer à la Fédé. Était-ce important pour le groupe de rejoindre cette entité ?
Bien sûr. Etant donné que le CCS ne remplissait plus son rôle, les supporters avaient besoin d’un dénominateur commun. Plus on est nombreux, plus on a de poids. Sans les supporters durant les années sombres qu’on vient de passer, le club aurait pu mourir 1 000 fois mais l’unité des derniers acharnés a permis de redonner ce nouveau souffle.

La Fédé a même permis d’organiser ce que le club était devenu incapable de faire, comme commémorer les 60 ans du premier titre du Racing grâce à un match amical regroupant d’anciennes gloires du club (entre autres). Ou bien encore, organiser la journée des supporters en pré-saison par exemple.

- Les Ultras n’ont plus à prouver leur savoir-faire. En quoi les UB peuvent-ils éventuellement aider la Fédé dans ses démarches ?
On a toujours à prouver sinon on se repose sur nos lauriers. J’imagine qu’on pourrait toujours faire plus. Mais je trouve qu’on a finalement des activités assez complémentaires. Et comme avec le KCB, la cohabitation est excellente.

- Le Racing a un peu de mal à prendre son envol cette saison en National. Es-tu inquiet pour la suite de la saison ?
Non pas trop. Je suis un optimiste de nature. Et puis en étant supporteur du Racing, il vaut mieux l’être ! Les derniers matchs, même si le résultat n’est pas en notre faveur, ont montré que les joueurs sont impliqués mais on manque cruellement de chance. L’envie est là et j’espère que la chance va tourner.
Il paraît évident qu’on ne montera pas cette saison malheureusement mais si on peut terminer 5-6e au moins, ça serait déjà une bonne saison et ça permettrait de préparer une meilleure saison encore avec quelques ajustements au sein de l’effectif.

- Quels sont les actuels chantiers des Ultras (animations, tifos...) ?
Plusieurs gros projets sont dans les tuyaux. Préparer un tifo d’envergure pour le centenaire de notre Meinau, une soirée spéciale pour l’après-match de Colmar et un match amical du Racing à l’intersaison. Ça promet...

- Si tu devais me donner une ambiance et un stade qui te font rêver, tu me réponds quoi ?
Impossible de citer qu’un seul exemple !
Difficile de donner un avis sur la base de ce qu’on voit à la télé ou en photo. Mais j’aimerais un jour assister à certains matchs très particuliers dans le monde du foot. Les derbys de Rome, de Gênes et Belgrade. Un match au San Paolo de Naples et le super clasico entre River et Boca.
Concernant les ambiances que j’ai déjà pu vivre, le stade Olympique de Berlin, Bergame, Dortmund (plus pour le stade que l’ambiance mais tout est relatif), l’ancien Parc des Princes (du temps où les ultras n’étaient pas considérés comme des pestiférés), Sainté et... Wintzfelden :-)

Allez Racing !

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